C'est quoi ton autisme?

L’autisme et moi : où en sommes-nous? La crise.

A ce jour, toujours pas de diagnostic formel et officiel, mais à chaque jour qui passe – ou presque – une nouvelle preuve qui s’ajoute au faisceau.

Aujourd’hui, horreur des horreurs, la crise. Celle contre laquelle je ne peux rien, contre laquelle je lutte, mais qui finit par prendre le dessus et balayer tous mes efforts. Celle qui m’emporte, telle une avalanche contre laquelle on ne peut rien. Celle qui me fait me mettre à hurler, à avoir des gestes violents et dangereux pour les autres et surtout pour moi-même, qui me dépasse tellement que je ne comprends même plus ce que je fais, ce que je dis… celle qui me fait me recroqueviller dans un coin et sangloter secouée de soubresauts, jusqu’à l’épuisement physique et mental… C’est un débordement que ceux qui ne l’ont pas vécu, acteur ou spectateur, peuvent difficilement s’imaginer. On en a enfermé pour moins que ça.

Plus les années passent et mieux je devrais gérer, du moins c’est ce que je croyais. Et je n’y crois plus. Du tout.

Je me suis rendue compte que ce que je prenais pour des épisodes dépressifs depuis mon enfance, ce sont en fait les manifestations visibles de ces épuisements autistiques. Ce que je n’arrive toujours pas à comprendre, c’est comment il est possible que personne ne s’est jamais posé de question sur ces états, moi y compris.

Par mes lectures sur la toile, j’ai appris qu’il n’est pas rare que les filles, par leurs capacités caméléonesques, parviennent à s’adapter à tel point qu’elles parviennent à rendre quasi invisible leur autisme.

Par ailleurs, les diagnostics et la reconnaissance de l’autisme dit « sans déficience intellectuelle » [formulation que je préfère à celle dite d' »autisme de haut niveau » qui porte souvent à prendre pour référence des atypiques parmi les atypiques – tel que présentés dans le célébrissime film Rain Man avec Dustin Hoffman par exemple – et qui ne reflète alors qu’une part infinitésimale de l’autisme sans déficience intellectuelle!] sont finalement relativement récents (milieu des années 90), si bien qu’il est courant que de nombreuses femmes nées avant cette période et autistes le soient sans même le savoir. Pire, elles peuvent être diagnostiquées à tort sur des comorbidités et non sur la base de leurs particularités liées à l’ autisme, comme entre autres – et non exhaustivement- troubles du comportement alimentaire, dépression, bipolarité, schizophrénie… avec toutes les dérives de prises en charge mésadaptées que je laisse à votre imagination.

Pour qui cela intéresse d’en savoir plus sur les Femmes et l’Autisme, je recommande le visionnage de cette conférence:

https://femmesautistesfrancophones.com/2017/04/13/conference-de-fabienne-cazalis-et-adeline-lacroix-sur-les-femmes-autistes/

 

4 réflexions au sujet de « L’autisme et moi : où en sommes-nous? La crise. »

  1. Je crois que nos sociétés actuelles font beaucoup d’efforts pour réprimer l’originalité. Parce que ce n’est pas naturel de faire cela, il y a de plus en plus de problèmes avec tout le monde (y compris avec les dites ‘sociétés’). Ce n’est pas, selon moi, une question de autistes vs les autres. Dans un avenir très proche, je présume, la différence et l’originalité, et tout, seront beaucoup mieux compris. Ce sont ceux qui essaient de réprimer les autres, qui auront des problèmes. Mais puisqu’il semble que ce soit la répression qui force la nature à trouver des nouveaux chemins, alors ces personnes avec des problèmes de repression pourraient aussi devenir merveilleuses, comme tous ceux, celles, et çoue qui sont différents.
    Moi, avant, je n’étais pas qui je suis aujourd’hui. J’avais trop d’anxiété pour un peu tout, sauf pour programmer à l’ordinateur. Maintenant, j’ai l’impression que quelque chose s’est disloqué en moi, et je me sens de plus en plus libre. Je ne connais pas la recette miracle, c’est pour dire, que oui, c’est possible d’aller bien. Il ne faut pas lâcher. ♥💖…

    Aimé par 1 personne

  2. Merci. Promis je lâche rien, mais certains jours sont plus difficiles que d’autres. Aujourd’hui fut un jour particulièrement difficile. De ceux où j’irais bien me tapir dans les bois (mais la saison n’est pas très favorable!).

    Aimé par 1 personne

  3. j’ai déjà vu les crises de certains élèves autistes ; vu de l’extérieur, c’est assez impressionnant mais quand c’est la personne qui le vit… je ne saurais en dire plus. J’espère simplement que tu arriveras à gérer un jour pour pouvoir aller mieux. Maintenant que tu parles des filles et de l’autisme, jusque-là, c’est vrai que je n’ai connu que des garçons.

    Aimé par 1 personne

Les commentaires sont fermés.