Ça, c'était avant

Le bonheur triste

Hier soir, coup de mou. Chez moi, ça rime avec la revue quasi exhaustive des blogs causant d’infertilité, de PMA, voir de baby-blues… Alors si, de ci de là (cahin-caha), apparait à travers le voile humide de mes yeux, un essai bébé qui se transforme en une réussite bébé (ou même une promesse), on passe du voile aux grandes eaux. Moi, c’est juste le blues, sans baby. Dans ces moments-là, je cherche du réconfort dans la musique… mais voilà, réconfort, réconfort…. qui tombe à l’eau quand je tombe sur ça :

 

puis sur ça:

On conviendra que comme remonte-pente, c’est loupé.

Le truc qui m’agace, c’est quand « ça finit bien ». Que ce soit clair : tant mieux pour celles et ceux pour qui c’est la cas. De là à dire que je me réjouis pour elles/eux, il n’y a qu’un pas. Ce pas-là, je le fais de coté.

Aujourd’hui, je me surprends à chercher constamment à « rationaliser » le fait de ne pas avoir pu faire d’enfant: lister les avantages supposés de chaque situation,  les doutes et les peurs auxquels je n’aurais pas à me confronter… Mais aussi la liste des regrets, des expériences que je ne ferais jamais, de la grossesse à la série complète des premières fois (premier cri, premiers regards, sourires, pas, mots, école mais aussi plaies et bosses, nuits sans sommeil, gastro….pff! j’en oublie!!)…

Aujourd’hui,  les blogs des autres, qui sont encore dans l’espoir pour certain/e/s, dans l’illusion pour d’autres, je n’ai plus envie de les suivre. Parce que ça me fait trop mal, d’être témoin des échecs comme des réussites, totales ou en demi-teinte. Parce que cette multiplication des « cas » de fertilité compliquée, de fécondités difficiles, c’est plus que des histoires personnelles et privées, c’est aussi le symptôme de quelque chose qui va mal, très mal, dans nos sociétés, dans nos modes de vie, dans notre « civilisation »… Et cet aspect-là transparait encore trop peu, me parait mobiliser peu aussi. Je salue certaines actions de BAMP! par exemple (https://bamp.fr/), mais pas de là à me rallier à toutes leurs thématiques, bien que je salue vraiment tout le boulot déjà réalisé et en cours.

Mais voilà, pour le moment, je ne trouve pas sur le web le soutien que je cherchais. Oh, bien-sur il y a eu des mots rassurants et réconfortants! Et je remercie mille fois celles qui les ont écrit. Ce qui manque encore, c’est le » après ». Le « après sans enfant ».  Peut-être simplement est-ce encore trop tôt, les points finaux mis à ces parcours encore trop récents?

J’ai pas envie de quitter ce blog. J’ai envie d’y rester pour témoigner de ce que peut être/devenir ma vie « sans ». Et en même temps, j’ai l’impression que toujours évoquer cela sous cette forme constitue une entrave à la simple liberté d’être, de vivre… Je patauge, hein! Les nœuds au cerveau, c’est mon hobby favori! !)  Alors quoi? Ben rien! Pour le moment je garde encore cet espace ouvert… D’ici quelque temps je trancherai: rester ou partir.

Pour l’heure, comme j’ai tout de même envie de me donner (enfin) le droit au bonheur, même si c’est un bonheur triste, un peu mélancolique (mais parce que ça, faut croire que c’est vraiment moi), je vous propose encore quelques notes de musique:

 

to be continued…

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9 réflexions au sujet de « Le bonheur triste »

  1. ❤ Sache qu'on est là… Et "le après sans enfant" il se construit jour après jour, étape après étape donc sois indulgente envers toi-même on ne peut pas franchir des pas de géant mais ce qui m'a aidé à aller mieux c'est d’accepter de ne pas aller bien. Bises

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